Il était une fois le moulin de Saint Michel

Il était une fois… c’est comme cela que commence les contes !
Et pourtant il s’agit belle et bien d’une histoire vraie, d’une histoire d’ici.

Il y a dix ans, deux passionnés de moulins passaient des vacances en Trièves, éblouis par une annonce de vente immobilière, ils visitent un moulin, oui un moulin à vendre ! Ni une, ni deux, ils achètent. Il faut dire qu’ils voulaient habiter le Trièves.

Je l’ai visité, moi à cette époque, niché au creux d’un vallon où coule une rivière. Caché dans la forêt devrais-je dire, car celle-ci petit à petit, grappillait du territoire et semblait vouloir digérer les bâtiments.

Vous habitez le Trièves et ne voyez pas encore de quel lieu je parle ?

Les plus anciens d’entre vous l’ont empruntée cette nationale 75 dite « de Chalon-sur-Saône à Sisteron » où, au détour d’un virage bref en venant de Vicaire, on enjambait le ruisseau de Grosse Eau en bas de Saint-Michel-les-Portes. Un beau pont de pierre à une seule arche était jeté là et, au bord semblant guetter le passant, se prélassait un petit bâtiment sur lequel une enseigne de « Café » laissait penser qu’on pouvait faire halte, bien au frais sous le grand tilleul.

Et puis un jour, la route s’est effondrée. Par deux fois, les Ponts et Chaussées ont essayé de rétablir la liaison avec des ponts du génie et il a bien fallu se rendre à l’évidence qu’il fallait réfléchir à un autre tracé… celui que vous connaissez tous. C’était « dans les années 50 ». Des hameaux isolés se sont trouvés traversés par la route et ceux qui l’étaient se sont brusquement endormis, presque oubliés.

Donc, bien longtemps après ces mouvements de terrain, JL&R, les propriétaires actuels du Moulin de Saint Michel, débutent les premiers débroussaillages et font apparaître 3 bâtiments : le moulin à proprement parler dit « l’usine », la maison du meunier (l’ancien café) et la grange qui avait été réhabilitée en habitation moderne.

L’usine est bien fatiguée : trous dans la toiture, planchers défaillants, escaliers ruinés, fenêtres envolées (elles ont servi longtemps de cible pour les gamins des parages)… mais sous une énorme couche de poussières, dorment les machines.

Le premier été, les fous ont défriché, le second et le troisième été, ils ont réalisé une magnifique charpente puis une couverture en tuiles écaille. Gervaise a modelé deux énormes chouettes en épis de faitage (à voir). Ouf, le bâtiment, sauvé de la ruine, était hors d’eau… (Un comble pour un moulin à eau !)

Puis vint le temps des trouvailles : quelle merveille de découvrir, figés dans l’éternité, ces objets d’un autre temps, témoignages muets d’anciennes pratiques, d’un style de vie à jamais échappé !

Amis, famille, connaisseurs de tout poils se sont précipités   étudier, répertorier, faire des croquis de tout l’ensemble. Et un matin, tous eurent envie d’inscrire leur travail dans une histoire : l’Anille, Association des Amis du Moulin de Saint Michel était née.

Depuis maintenant 8 ans, chaque atelier du moulin est démonté, nettoyé, chaque pièce est réparée, complétée.

Ce fut d’abord la scierie : plancher refait, les machines sont à nouveau en place : une scie battante (celle qui sert à tailler les poutres dans des troncs d’arbres), une scie à ruban (pour déligner les pièces de bois), une scie circulaire… Elles attendent maintenant, pour l’une une courroie, pour l’autre une nouvelle lame (avis aux mécènes)…

En ce moment, vient le tour de l’huilerie : le grand gruoir a déjà été restauré : il menaçait de s’effondrer sur la turbine en contrebas car son plancher était complètement vermoulu. Le four qui sert à chauffer la pâte de noix est en cours de restauration, puis tous les efforts iront vers la presse et bientôt on pourra goûter de l’huile de noix du moulin.

Restera l’atelier de meunerie avec sa belle pierre à remettre en état pour l’entendre chanter et produire une farine complète bien rustique.

Si je vous raconte tout cela c’est aussi pour vous dire que chaque année, l’association organise, le troisième week-end de juin, lors de la fête nationale du petit patrimoine et des moulins, une jolie fête champêtre. C’est toujours l’occasion d’apprendre quelque chose sur la vie et les métiers des moulins grâce à de belles expositions, de participer au Grand Concours de Récitation primé, d’écouter les contes dit par des conteurs professionnels, de participer au sympathique buffet, d’échanger, de se raconter « autrefois » et de comprendre tous les enjeux de la gestion de l’eau et du patrimoine culturel local.

Notez déjà le 17 juin 2017 à partir de 17 heures. Votre présence est un encouragement et un plaisir.

 

Plus d’informations : https://www.sites.google.com/site/lemoulindesaintmichel/

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